*Préparation :
Sur une bande assez large qui défile en même temps que le film , un technicien repère les changements de plan et les note par un trait vertical sur la bande.
Ensuite , le détecteur note le texte original sur cette bande , ainsi que les "mouvements" de la bouche : ouverture , fermeture... Puis l'adaptateur écrit sur la partie inférieure de cette bande la traduction en français correspondant au texte original,en faisant attention de respecter au maximum les mouvements de la bouche.
Ensuite , ce texte est recopié sur une bande transparente. Le moindre décalage entrainerait des problèmes lors de la séance de doublage. (il faut parfois jouer du papier adhésif en guise de repère visuel sans erreur de parallaxe alors que toutes les machines fonctionnent avec un time code( repère temporel) au millième de seconde... *Lors de la séance proprement dite :
Le local
Le studio d'enregistrement se présente comme une grande chambre plus ou moins haute et généralement parallélépipédique, dont les parois sont torturées afin de gérer les problèmes d'accoustique au moyen de panneaux mobiles, de voûtes sculptées et de murs échancrés. Sécurité
Le studio est équipé à l'extérieur d'une ou deux lampes situées au-dessus de la porte d'entrée afin d'avertir les éventuels visiteurs extérieurs d'un travail sensible: NE PAS DERANGER - Une seule lampe rouge symbolise un enregistrement en cours uniquement (On air disent les Anglophones)
- Deux lampes signifient pour l'une la préparation des comédiens et l'imminence de l'enregistrement physique et la seconde, l'enregistrement en cours.
Forces en présence
En temps normal, quand le studio ne grouille pas des petits rats de Synchrocity, on peut trouver logiquement: - Des comédiens - Un directeur artistique (sorte de metteur en scène du plateau, lieu de travail) - Un ingénieur du son D'un côté se trouve la barre à laquelle se tiennent les comédiens.
Elle ressemble à la barre d'un tribunal et sert à maintenir les comédiens dans le même plan sonore par rapport au micro de prise de voix. Pour qui n'a jamais assisté à une séance, il faut d'emblée expliquer que les comédiens jouent véritablement les scènes d'un point de vue vocal (timbre et ton) mais également d'un point de vue gestuel voire physique voire physiologique. En effet, si l'acteur d'origine met une cravate, mâche un crayon, cela a une incidence dans la voix mais aussi dans le comportement global du personnage et le comédien qui double le retranscrit en mimant. Il n'est pas rare, lorsque le personnage court sur l'écran, de voir le comédien entamer un série de sautillements suivie d'un arrêt brusque pour marquer l'essouflement: bref, le 110 m haies en salle et sur place (et sans EPO !) Et nous ne parlons pas des dessins animés où les acteurs se livrent à des numéros de contorsions faciales et corporelles à faire frémir...Bouuuuuuu ! De l'autre, le directeur artistique et l'ingénieur se trouvent devant la console de mixage, et un moniteur visuel de rappel qui retransmet la même séquence filmée que celle des comédiens. Le micro est tellement sensible que pour focaliser parfaitement les voix, les comédiens sont parfois obligés de parler presque joue contre joue. Cette sensibilité incite également l'ingénieur du son à d'imperceptibles réglages de micro réalisés par effleurement de la perche qui tient le fautif.
Il est sensible également au point que l'ingénieur peut sanctionner une prise s'il a perçu un frottement de pied ou un gargouilli gastrique (et dans ces cas là, on sort du studio par correction, hein Ronan !- autoflagellation - ndlr) alors qu'il avait le casque vissé sur les oreilles. Les échanges, les remarques tant techniques qu'artistiques sont nombreux entre les comédiens et le directeur artistique. Le comédien fait son auto-critique fréquemment et reprend spontanément une scène qui lui parait moyenne, le directeur artistique agit en metteur en scène en indiquant au comédien les nuances du jeu.
S'il est difficile pour un membre de Synchrocity d'être objectif, il faut cependant souligner le fait que les comédiens ressemblent à des tireurs d'élite parfois. J'ai en mémoire l'enregistrement d'un épisode des Feux de l'amour aucours duquel Monsieur Hervé Bellon (alors comédien sur ce plateau, bien qu'il soit aussi directeur de plateau sur la même série) jouait son personnage sans s'y reprendre à deux fois et le résultat ne souffrait aucune critique. *La table de mixage :
La table comporte schématiquement:
- des potentiomètres pour régler les volumes sonores, l'égalisation graves, médium , aigues - des vue-mètres, afin de voir la réponse visuelle sous forme de pic de l'attaque d'un comédien ou d'un bruitage - une commande qui perment de piloter les pistes sonores indépendamment et de manipuler les extraits enregistrés, les boucles. Cette commande synchronise la partie audio du doublage à la partie visuelle cest-à-dire les séquences filmées que le moniteur diffuse.( norme S-VHS) - un système de stockage des enregistrements sur support numérique. (on n'utilise pas de bande mais des sortes de diques durs informatiques d'où une recherche quasi instantanée) Cette console est multipiste. Cela signifie que l'on n'est pas obligé et d'ailleurs c'est impossible, de tout enregistrer en même temps: les bruitages, la musique, les voix. Pour une séquence temporelle donnée -disons une boucle- une scène d' une minute, chaque comédien peut à la limite jouer son texte sans que les autres qui participent pourtant à la même scène aient besoin d'être présents (ce qui peut créer des perturbations dans la spontanéité, le naturel du jeu mais là n'est pas la question) Une fois la prise réalisée, l'ingénieur du son diffuse la séquence audiovisuelle dans son intégralité en mélangeant, en mixant toutes les voix qui étaient distinctes (une par piste) auparavant. Les séquences distinctes sont recallées sur la même origine au moyen d'un code (time-code ou code temporel) Le second atout du multipiste est de pouvoir faire jouer une scène au comédien et de garder plusieurs prises différentes, tout en jouant chaque prise dans l'ensemble évoqué plus haut. *Méthodes de travail
Il y a au moins deux façons d'enregistrer:
- soit les comédiens, l'ingénieur du son et le directeur artistique sont ensemble.
( avec éventuellement un rideau pour isoler les comédiens) - soit les comédiens sont isolés des autres intervenants par une paroi de verre qui sert d'isolant phonique. Le recours au monitoring visuel s'étend de plus en plus, l'écran de cinéma étant majoritairement résérvé à la post-synchro des films. Voila en gros j'espere que vous avez eu le temp de tout lire. Je suis désoler si l'article est long mais les prochains serons plus court :)
En tout cas, vous serez incollable dans ce domaine si vous avez pu lire tout.BiSouS